steaua invalides : un véritable phénomène de société
Le steaua invalides, club de foot "loisir" est une de ces pratiques très en vogue dans notre société. Explications.
Pas d'horaire, ou presque, pas d'obligations en tout genre, pas de déplacements incessants qui vous prennent un temps fou et entament votre week-end. Si vous êtes d'accord avec les phrases lues plus haut, vous êtes fait pour le steaua invalides, club "virtuel", crée par un étudiant en droit, à l'époque en Master 2 et désireux de renouer avec le sport, dans un cadre sympathique et dont le seul enjeu est la prise totale de plaisir.
Sur ce point là, le steaua remplit sa mission à merveille, en témoigne l'intensité et les rires déployés chaque week end sur les pelouses des invalides.
Le steaua ne diffère pourtant pas du nouveau phénomène de société qui sévit depuis plusieurs années dans le monde du sport. Un phénomène est donc apparu. Qualifiée d’alternatives, ces nouvelles pratiques inspirées de valeurs contre-culturelles, rejetant tout ce qui est réglementation, arbitre, classement et contraintes disci- plinaires apparaissent même dans le football. A croire que Guillaume et consorts se retrouvent dans cette nouvelle donne. " Le rapport au corps est complètement différent" explique Alain Loret, maître de la question et professeur à l'université de Rouen.
Le club jugé spartiate
En ville ou à la campagne, les jeunes inventent de nouveaux terrains de jeu et élisent les sports qui vont avec. N'allez pas chercher plus loin ! Le steaua invalides c'est le football urbain, ou presque. En plein coeur de Paris, dans un cadre idyllique sans contrainte d'horaires et de temps : voilà l'avenir ! Pratiqué en pleine nature ou au cœur des villes (aux invalides), les nouveaux sports ouvrent de nouveaux espaces de liberté, ludiques et festifs, à contre-courant du modèle «spartiate» du club, jugé trop contraignant en termes d'horaires, de lieux et de calendrier.
«Aujourd'hui, de plus en plus d'adolescents rejettent la culture sportive disciplinaire, poursuit Alain Loret. Un nouvel esprit se développe sous la bannière de la participation, de la connivence et des sensations individuelles. Les jeunes sont des espèces de Peter Pan, épris de vertige et de jeu, refusant d'intégrer le monde adulte.»
L'analyse est aussi fine que véridique en ce qui concerne nos joyeux lurons du steaua. On parle ici de sport "hors compétition".
Selon l'enquête Les Adolescents et le sport , les jeunes de 12 à 17 ans pratiquent en moyenne sept activités durant toute l'année. Les adolescents zappent ainsi avec les disciplines presque aussi vite qu'avec les chaînes de télé révèlent une étude parue dans le journal l'Express. En effet, et le steaua a pu s'en rendre compte, le secteur est devenu très concurrentiel. De nombreuses disciplines sportives, jugées trop contraignantes sont abandonnées. Au profit du steaua. Plaisir, liberté, beauté du geste... La liste serait trop longue a égréné.
Le steaua participe à ce nouveau phénomène de société qui prend de l'ampleur. L'activité y est libre et s'adapte à leurs désirs tout en créant une nouvelle sociabilité. En effet, la plupart des joueurs du steaua ne se connaissaient pas au départ... Fabuleux tissu social, le steaua dure dans le temps (un an déjà) grâce à ces valeurs qui à n'e pas douter seront celles de demain.
Que l'on tape dans la gonfle aux invalides ou que l'on fasse du roller juste à côté, l'esentiel est de s'amuser, et de se dépenser ensemble. Voilà la clé.
La pratique sportive est entrée dans une ère nouvelle : celle d’une demande sociale complexe qui s’est substituée au cours de vingt dernières années à une offre normalisée de service public (Alain Loret). Le steaua participe donc à ces valeurs sportives qui apparaissent comme en pleine mutation.
Le steaua aurait-il inventé le sport du nouveau siècle à savoir le plaisir sans les contraintes ?