Le monde du foot
Lorsque Monaco prépare un match à l'extérieur, le club de la Principauté se renseigne sur la marque de ballon de l'équipe adverse. Avant un déplacement à Marseille, les Monégasques, qui sont associés à l'équipementier sportif Puma, commandent un sac de ballons Adidas, le fournisseur officiel de l'OM. Avant de rencontrer le PSG, ils s'entraînent avec des ballons Nike, la marque des Parisiens. Avant d'affronter Lyon, ils se familiarisent avec le ballon Umbro, partenaire de l'OL. Ainsi va le championnat de France de football, où chaque club est libre de lier contrat avec l'équipementier de son choix.
HARMONISER LES PRATIQUES
Rapportée aux 40 équipes qui évoluent en Ligue 1 et en Ligue 2, l'affaire prend des allures de casse-tête. La Ligue de football professionnel (LFP) a décidé de mettre un terme à cette curiosité. A partir de la saison 2009-2010, les rencontres de L1 et L2 se joueront avec un seul et même ballon. L'Allemagne, l'autre grand pays européen où le ballon unique n'est pas encore de rigueur, harmonisera ses pratiques à la même date. Mais alors que la LFP a déjà désigné l'heureux fabricant de ce futur ballon officiel (Puma, pour trois saisons), la Ligue allemande n'a pas encore démarré la procédure d'appel d'offres.
L'équipementier allemand s'est engagé à fournir 12 000 ballons par saison. Le montant de ce marché procurera des revenus comparables "aux niveaux atteints en Espagne et en Italie" se contente d'indiquer la LFP.
"Nous devons jouer aujourd'hui avec des ballons d'au moins sept marques différentes. En termes d'équité sportive et d'intendance pour les clubs, avouez que ce n'est satisfaisant", note Alain Deveseleer, directeur général des Girondins.
C'est la fin du "ballon flottant", se félicitent nombre d'entraîneurs et de joueurs, sans pour autant désigner le coupable. Un ballon trop dur pour les uns, à la trajectoire imprévisible pour les autres. "De toute façon, tout le monde critique tous les ballons", ironise Karim Oumnia, le président de Baliston, fournisseur actuel de Nancy. "La différence n'est tout de même pas entre un ballon de foot à Monaco et un ballon de plage à Paris", renchérit André Biancarelli, l'entraîneur des gardiens monégasques ! Il est arrivé que des clubs exigent de l'arbitre qu'il vérifie le certificat d'authentification FIFA d'un ballon avant une rencontre, mais aucun match n'a jusqu'à ce jour été interrompu pour trajectoire trop "flottante".
Simon Roger