La story d'Alexis
Où comment le SteauA Invalides a réussi à arracher Alexis à son ancien club sibérien le FC Ienisseï, club des plateaux. Récit exclusif avant le tournoi Thierry Gilardi de jeudi qui se
jouera sans lui.
Le W disposé à l’entrée du stade de Ienisseï est encore là pour rappeler la gloire passée d’Alexis en Sibérie. W c’est la première lettre de son nom et du mot « warrior » dont l’ont affublé les supporters locaux.
C’est l’histoire d’un gros coup. Un coup joué si finement que le SteauA n’en revient pas. Peu exploitée jusqu’ici, la filière russe est une des priorités du recrutement du club le plus à l’est de la capitale, désireux de tenir son rang et son nom notamment, sur le marché des transferts. Il y a un an, le club décide de réorienter sa politique de recrutement. Les sergents recruteurs du club se précipitent sur Internet et fouinent en direction d’un championnat inconnu : le championnat Sibérien ! Quelle idée saugrenue ! La cellule recrutement du SteauA a pourtant eu le nez fin. Le championnat Sibérien est connu pour être l’un des plus rudes au monde. Chocs, engagement, conditions atmosphériques : tout est réuni pour former des joueurs durs au mal, résistants et au mental d’acier. Une piste intéressante pour le club désireux d’acquérir un milieu au profil offensif, capable de débloquer des situations serrées.
Joueur du mois de l’Oural
S’entraînant dans la neige tout au long de l’année, ses joueurs sont connus pour leurs qualités athlétiques indéniables. L’été, les coéquipiers d’Alexis descendent dans les plaines taper dans le ballon. En guise d’entraînement, des terrains marécageux. La rigueur du climat, aux hivers très froids et très longs ont permis à Alexis, qui après avoir été surnommé le russe répond au surnom d’ Iceman de la toundra, de se forger une condition physique d’acier. Révélé avec son club de toujours, le FC Ienisseï, Alexis décroche à plusieurs reprises le trophée de joueur du mois de l’Oural, équivalent du joueur du mois du SteauA en plus populaire. Son envie sur le terrain est louée par les supporters qui en font rapidement leur chouchou : une véritable déferlante populaire ! Avec son club d’alors, il remporte deux championnats et une coupe de Sibérie. Pourtant, jaloux de son succès, ses adversaires du Lena FC, autre grande équipe du pays, le blessent lors d’une finale de Coupe perdue aux tirs aux buts. Pris en tenaille, il s’écroule victime d’une agression caractérisée ! L’arbitre de la rencontre, acheté à coup de manteaux de vison par l’adversaire, ferme les yeux et l’action se poursuit. Alexis, lui, gît au sol, le genou meurtri. C’est le début de la traversée du désert. Rééducation au Kazakhstan, matchs amicaux en neuvième division russe : Alexis se reforge un physique loin de la pression médiatique Sibérienne où son retour est attendu de tous.
Une période d’essai avec … Sandri
Vient enfin son retour dans le championnat des « terres vierges », l’équivalent de la deuxième division Sibérienne. Il peine à retrouver son jeu et sa motivation d’antan dans un pays où il a tout gagné. Il a besoin d’un nouveau défi. C’est à ce moment précis que le SteauA entre en scène. Club jeune aux ambitions démesurées, le club le plus à l’est de la capitale va contacter « le russe » à plusieurs reprises pour lui proposer un essai au club. La concurrence fait rage avec le club hongrois de Debrecen, séduit par l’histoire de ce joueur. Alexis répond pourtant favorablement au SteauA Invalides sans demander de contreparties. « J’ai tout de suite été adopté » dira t-il plus tard. Surtout par Sandri, le gardien du SteauA… Car l’histoire ne s’arrête pas là. Dès son premier entraînement sous les couleurs du club de la capitale, Alexis subit un traitement de faveur digne des plus grands attaquants. Alors qu’il est lancé au but, Sandri sort tel un Schumacher de Séville 1982 et percute violemment Alexis sans s’occuper du ballon. Alexis, gît à nouveaux au sol, inanimé après un tel choc. Il se relève quelques minutes après. Le SteauA est conquis par tant de combativité. Les Socios sont debout et en redemandent. Si les W n’ont pas encore fleuri à l’entrée de l’antre du SteauA, nul doute que le joueur a changé d’ambition avec son arrivée en Europe. Et c’est loin d’être fini : son beau frère Antoine l’a rejoint dans les rangs du SteauA en provenance du célèbre club de Volgograd. Actuellement blessé, il prépare son retour. Et au pays, dans l’anonymat Sibérien, c’est son petit frère qui a enfilé le maillot du FC Ienisseï. Le SteauA garde un œil.